Pour quatre jeunes, Lucas Fritsch, Pierre Weber, Nicolas Dellwing et Grégoire Dené, l’aventure au sein du SEHB s’arrête. Autres clubs, nouveaux objectifs ou poursuite d’études, chacun va prendre une trajectoire différente. Lucas, blessé une bonne partie de la saison, retourne jouer à Plobsheim (N2). Pierre a signé à Sélestat, il reste en Proligue et affrontera Strasbourg l’année prochaine. Nicolas, toujours en études, se fixe de nouveaux objectifs. Grégoire, de son côté, souhaite plutôt privilégier ses études au handball. Avant de partir, ils ont accepté de se livrer au jeu du questions/réponses avec Léo Doré et Anthony Weissmuller.

 

Ton meilleur souvenir au SEHB ?

Lucas Fritsch : “Mon meilleur souvenir au club, c’était la première année et le match contre Cesson Rennes. C’était une grosse équipe, j’étais entré et j’avais fait un put*** de bon match avec un 2/2. C’est celui qui m’a le plus fait kiffer sur les deux ans.

Pierre Weber : “Je dirais le premier match où j’ai marqué en pro contre Valence cette année. J’ai fait 3/3 et même si on a perdu, c’est la première fois que je marquais dans le monde pro, du coup c’était quelque chose !

Nicolas Dellwing : “C’était un souvenir global, c’est d’être sorti de la mauvaise passe de début de saison. On est remonté, on a réussi à rejouer au hand, à se faire plaisir sans prises de têtes. Et avec les jeunes on avait un bon groupe, on rigolait vraiment bien, d’autant plus qu’il y avait des victoires donc c’était carrément cool !

Grégoire Dené : “J’en ai deux. Le premier, c’était le premier match avec les pros. C’était l’an dernier avant le confinement, un match qu’on a gagné à domicile contre Dijon avec du public. C’était vraiment cool. Mon deuxième souvenir : le match contre Massy à l’extérieur où j’ai eu l’occasion de m’exprimer, où je fais ⅘.

 

Ton pire souvenir ?

Lucas Fritsch : “Forcément, sur mes deux années passées au club, ça a été mes deux opérations. La première en février dernier, à l’épaule, une blessure qui m’a détruit moralement. Et celle de cette année au genou qui a été plus réfléchie depuis pas mal de temps.

Pierre Weber : “Ça, c’est dur… À la fin de ma première année à Strasbourg, on jouait la Coupe d’Alsace en -18, je prends rouge à la fin du match. Ça m’arrive rarement et j’aime pas ça. 3 fois deux minutes et sur la dernière, c’était même pas moi qui avait fait la faute mais je me suis fait exclure !

Nicolas Dellwing : “Les défaites, forcément… C’est toujours relou. Après je dirais aussi le buzzer beater à Sarrebourg en début de saison. Prendre le but du 23-22 chez eux à la dernière seconde, je ne l’ai pas super bien vécu, d’autant plus que je viens du coin. C’était chiant.

Grégoire Dené : “Je pense que c’est un match avec la réserve, en tout début d’année où on perd de très peu contre Molsheim. C’était le premier match de la saison et ça nous tenait à cœur de faire une belle prestation. On avait bien joué et on perd de rien du tout, c’était archi frustrant.

 

Une anecdote à raconter ?

Lucas Fritsch : “Une anecdote sympa… c’est quand on est parti faire notre stage à Gap l’an dernier. On se baladait dans la montagne et on arrêtait pas de faire les c***. La luge avec nos ventres c’était archi drôle !

Nicolas Dellwing : “C’est dur… Mais j’ai une petite anecdote pour le petit Grégoire, c’est quand il a joué avec mon short à Valence parce qu’il avait oublié le sien (rires). Et d’ailleurs, il l’a encore dans son armoire, il me l’a piqué…

Grégoire Dené : “Il faut savoir que je suis très timide. C’est difficile pour moi de prendre la parole avec des personnes que je ne connais pas. On commence la saison, j’étais impressionné parce que j’étais avec les pros. On fait un repas de Noël. Vers la fin du repas, on me dit “Greg, lève-toi, tu vas devoir faire un discours”. J’étais grave pas préparé, j’avais une pression de fou. C’était grave formateur et ça a permis de créer des liens avec tout le monde. Il y avait tout le staff, les joueurs, leurs copines.

 

Un mot sur la saison écoulée et cette huitième place ?

Lucas Fritsch : “Je dirais que c’est mérité. On est parti de très loin, quand je jouais encore en première partie de saison c’était très dur mais on a toujours été là à se battre et à ne jamais lâcher. Je n’étais plus là sur le terrain mais j’étais là pour supporter les mecs.

Pierre Weber : “Je suis très content qu’on m’ait donné ma chance. Par rapport à l’équipe et au début de saison, je pense que la huitième place est vraiment bien. Ça aurait été stylé si on avait pu accrocher les playoffs mais c’est déjà pas si mal.

Nicolas Dellwing : “L’équipe a évolué positivement en deuxième partie de saison. Avec une première partie de saison différente, on aurait pu avoir une place plus haute dans le championnat. Mais au vu de la saison, c’est la place qu’on doit obtenir, peut-être septième devant une équipe comme Nice… Après c’est bien, ça permet de fixer des objectifs pour le plus long-terme. Mais c’est toujours sympa de ne pas finir à la limite de la zone rouge.

Grégoire Dené : “C’est une belle saison. C’est un record pour le club : c’est la saison où on termine le plus haut en D2. Ça a été une saison compliquée parce qu’on la démarre très mal. Jusqu’à janvier, on a dû gagner un match, contre Angers, si mes souvenirs sont bons. Forcément, ça crée une pression. Quand tu fais du sport de haut niveau, t’as envie de gagner tous les matchs donc c’est compliqué. Le match de Massy est un peu à l’image de la deuxième partie de saison : il y avait un vrai esprit d’équipe. Au niveau du bilan, ça reste une très belle saison même s’il y a eu des moments compliqués.

 

Un mot pour tes anciens coéquipiers ?

Lucas Fritsch : “Pour mes coéquipiers, ce serait de continuer à jouer comme on l’a fait sur cette fin de saison et à s’éclater, c’est comme ça que ça marche. Aux supporters et bénévoles, je leur dirai de ne pas lâcher l’équipe, c’est vraiment un point très important pour gagner des points et avancer au classement. Sans eux, on ne pourrait pas y arriver.

Pierre Weber : “Ils vont me manquer, ça fait bizarre de partir même si j’étais que un an au sein du groupe pro. Par rapport aux supporters, je regrette de ne pas avoir pu jouer avec le public. Merci pour ces trois années et je suis vraiment content d’avoir eu ma chance avec les pros.

Nicolas Dellwing : “Pour les joueurs, c’est “bon courage, bonne chance et donnez tout”. On a envie que les clubs dans lesquels on est passé soient au plus haut niveau. Faites du mieux que vous pouvez avec de la bonne humeur. Pour les supporters, dommage de ne pas avoir pu se voir plus de 4-5 matchs en début de saison, c’est toujours un peu dommage de partir comme ça sans supporter. L’année prochaine, c’est une autre saison et j’espère qu’il y aura à nouveau du public, et ils profiteront avec ceux qui restent.

Grégoire Dené : “La première chose qui me vient est de les remercier. Ces deux années ont été très formatrices pour moi, que ce soit au niveau du hand ou au niveau humain. ça m’a beaucoup apporté. J’ai envie de leur souhaiter le meilleur. Bonne continuation, faites-nous rêver et représentez Strasbourg ! J’aimerais aussi remercier le club et tout ce que ça a pu m’apporter. Ils sont hyper présents et hyper performants.

 

Greg, qu’est-ce qui va te manquer à Strasbourg et quelle est la suite pour toi ?

Jouer à ce niveau va me manquer. Je ne serai pas amené à me dépasser et à donner le meilleur de moi-même. Je pense que l’émulation collective de l’équipe va me manquer. On fait souvent jeunes contre vieux, donc on a envie de les battre pour se faire une place dans l’équipe. En plus, avec les jeunes on se soutient beaucoup.

J’ai fait deux ans de prépa pour aller en école de commerce. J’ai passé mes concours et je suis admissible dans toutes les écoles que j’ai demandées. Plusieurs écoles m’intéressent, comme Nice, Paris ou Reims. Donc si je pars, c’est par rapport à mes études. Je vais sûrement être amené à changer de ville. Je préfère privilégier mes études au hand. Je fais le choix de faire des études de plus haut niveau et mettre le hand un peu de côté, même si je pourrai continuer à jouer dans un niveau inférieur, en N2 par exemple, qui demande un investissement moindre.

 

Lucas, tu retournes à Plobsheim, ton ancien club…

Il y a deux ans, en plus de Sébastien Narducci, il y avait mon coach Jean-Luc Kieffer qui avait tout fait pour que je puisse rejoindre Strasbourg, il m’avait dit dès mon arrivée que son but à lui était de me relancer dans un plus gros club. Il avait bien réussi et avait tout fait pour que ça aille au mieux. J’avais dit que si un jour je devais repartir, je rentrerai à la maison, c’était un accord. Pour la suite, je vais me concentrer sur les études. Au hand, je la vois comme il y a deux ans, je vais jouer avec pleins d’anciens potes et j’ai envie de m’éclater.

 

Pierre, tu pars à Sélestat, le début d’une nouvelle aventure ? Qu’est-ce que ça te ferait de jouer contre Strasbourg ?

Je vais être avec le groupe pro, j’ai signé deux ans avec le centre et j’espère pouvoir ensuite signer professionnel. J’espère jouer le plus possible avec des pros à Sélestat.

Joffrey m’a dit que si on jouait l’un contre l’autre, il allait me mettre la misère (rires). Ça me fera bizarre mais forcément je ferai tout pour remporter le match.

 

Nicolas, qu’est-ce qui va te manquer à Strasbourg, comment tu vois la suite de ta jeune carrière ?

Forcément, l’ambiance avec les jeunes était carrément cool. On était un groupe où on se disait tout, le bien comme le mal, il n’y avait aucun sujet tabou et on était tous à l’écoute l’un de l’autre. Le but maintenant c’est de retrouver du plaisir dans le hand, du temps de jeu. J’ai envie de beaucoup jouer, d’être numéro un au poste.

 

La rédaction du SEHB – Anthony Weissmuller et Léo Doré