Clap de fin pour eux. Intronisés au Hall of Fame du SEHB, le gardien Maxime Duchêne et le demi-centre Ondrej Mika ont joué leur dernière saison à Strasbourg et s’en vont vers d’autres aventures après sept ans passés au club. Maxime ne va pas loin, seulement à quelques kilomètres de l’autre côté du Rhin dans le club de Willstätt (D3 allemande). Ondrej retourne chez lui, à Zubri en République Tchèque, son club formateur qui évolue en Extraliga. Avec Léo Doré et Anthony Weissmuller, ils ont accepté de se livrer au jeu du questions/réponses et reviennent sur leur épopée alsacienne.

 

Ton meilleur souvenir au club sur les années que tu as passées ici :

 

Ondrej Mika : « J’ai déjà eu cette question plusieurs fois mais c’est difficile de donner un seul souvenir parce que j’en ai vraiment plusieurs et je veux pas en dévaloriser certains. Sportivement, c’était la montée en D2. Toutes les années en D2 étaient pas mal, cette année aussi… En dehors du handball, il y en a vraiment beaucoup parce qu’on avait vraiment un super groupe de potes, pas comme dans certaines équipes où l’on était des collègues de travail. C’était des bons gars, ce que j’apprécie le plus c’est les amitiés depuis des années avec certains. »

 

Maxime Duchêne : « C’est pas facile. Sur cette saison, je dirai la victoire à Sélestat. On ne les avait jamais battus, il y a toujours la « gue-guerre » régionale, etc. Le fait de les battre chez eux et de leur mettre une taule, c’est un super souvenir. Ma première saison à l’ESSAHB, en 2014-2015, on a joué le PSG en Coupe de France, un autre super souvenir. En plus, on n’a pas perdu de beaucoup, seulement de 5-6 buts. Un autre, les premiers matchs en D2. Je ne peux pas en arrêter un, c’est un tout ! On a eu la chance de toujours avoir de bons groupes. Ce sont beaucoup de souvenirs au hand et en-dehors. Je me suis toujours entendu avec tout le monde. Le club est un bon souvenir global ! »

 

Pire souvenir ?

 

Ondrej : « C’était les blessures, avec mon profil j’étais souvent blessé pendant ma carrière. De temps en temps, je les ai enchaînées, une après les autres, c’était vraiment dur dans la tête. J’avais de la chance cependant d’être toujours soutenu par le staff, le coach et les dirigeants. Mais dans ma carrière, ce sont des choses qui m’ont vraiment ralenties, moralement et physiquement. »

Maxime : « Il y a deux ans, on descend sportivement mais on est finalement maintenus. On avait notre destin entre nos mains et on n’arrive pas à gagner. C’était une saison compliquée juste avant qu’on change de coach. On descend, c’était une grosse déception mais c’est un peu paradoxal parce que c’était une des meilleures années au niveau du groupe, les mecs étaient géniaux, etc. C’est l’année où j’ai pris le plus de plaisir à jouer et c’est l’année où on descend. Les matchs perdus d’un but sur le buzzer mais ça ne m’a pas forcément marqué. Je n’ai pas eu beaucoup de mauvais souvenirs. Globalement, il y a beaucoup plus de positif. »

Anecdote ?

 

Ondrej : « Je ne sais pas… Après chaque victoire, on pourrait en sortir une, parce qu’on a souvent fait des soirées où l’on est resté entre nous. Il y en a certaines dont je ne peux même pas parler en public (rires). On a passé de supers moments avec l’équipe, mais en choisir une en particulier c’est vraiment difficile ».

 

Un mot pour ceux qui restent, pour le club…

 

Ondrej : « Il faut remercier tout le monde, j’oublierai jamais ce que le club et les gens autour m’ont apporté. Les premiers coachs, les premiers dirigeants, les premiers bénévoles que j’ai rencontrés ici m’ont toujours très bien accueilli. Au début, c’était compliqué, ils m’ont aidé par exemple pour mes papiers… Je ne l’oublierai jamais. L’Alsace, Strasbourg et les gens du handball, j’ai rencontré des gens très importants dans ma vie et j’espère qu’ils le resteront dans le futur. Je veux juste leur dire un grand merci, ils m’ont tellement donné ! Ça m’a marqué à vie… »

 

Maxime : « Je leur souhaite le meilleur à tous, ceux qui restent, ceux qui partent. C’est un peu triste de partir. Il n’y avait pas de public, on a fait ça huis-clos, entre nous, c’était intense. »

 

Huitième place, ressenti… ?

 

Ondrej : « Globalement, la huitième place est très bien, surtout lorsqu’on regarde la première partie de saison, avec beaucoup de blessures et où l’on jouait un peu à l’arrache. En deuxième partie, c’est un peu difficile à dire mais c’est après ma blessure que l’équipe a commencé à gagner (rires). Pour le club, c’est quelque chose de très bien. J’espère qu’ils s’en serviront comme une étape pour avancer. Je vois un grand potentiel dans Strasbourg, l’équipe et la structure et j’espère que ce n’est que le début de l’aventure pour les prochaines années. Le club évolue petit à petit et il faut que ça continue. Personnellement je suis content de partir après une saison comme ça et je souhaite au SEHB que du bon dans le futur. »

Maxime : « Pas frustrante mais un peu compliquée parce que je n’ai pas beaucoup joué. Romain a vraiment fait le boulot cette saison donc c’était difficile de le remplacer. Comme j’étais deuxième gardien, mon rôle était de rentrer et d’être tout de suite décisif. Tu n’as pas le droit d’avoir cinq minutes où c’est un peu compliqué. Il y a des matchs où tu rentres, tu fais le premier, le deuxième arrêt, c’est une question de confiance. Contre Pontault-Combault, je joue 45 minutes et au final je fais plus d’arrêts que contre Dijon, au final je ne suis pas décisif parce qu’on ne gagne pas le match… Tu prends ce que t’as à prendre. Si tu joues dix secondes, dix minutes ou une heure, tu dois tout de suite être décisif, tu n’es pas là juste pour faire un remplacement. Il faut toujours essayer de donner le meilleur de toi. »

Qu’est ce qui va te manquer à Strasbourg ?

 

Ondrej : « La vie à Strasbourg que je trouve juste extraordinaire pour moi et ma personnalité. Ça vit, ça bouge, il y a des étudiants, les côtés culturels, les bars parce que je suis un bon vivant, tout ! Et bien sûr, les coéquipiers aussi, parce qu’on a toujours eu un réel groupe de potes, chaque année. J’ai aussi trouvé des amis en dehors du handball. Ici, c’est ma deuxième maison, mon pays adoptif. Je me suis senti vraiment à l’aise. »

Maxime : « Vu que je ne bouge pas vraiment, ce qui va me manquer c’est le club que je connais comme ma poche. En allant en Allemagne, je passe du statut d’ancien au statut de nouveau. Malheureusement, ce sont ceux qui partent qui vont me manquer, je les verrai moins. Techniquement, je continuerai à habiter sur Schiltigheim donc je pourrai continuer à voir ceux qui restent. Ce qui va le plus me manquer c’est mon confort à Schiltigheim où vraiment je n’étais pas dans l’inconnu du tout. C’est peut-être pour ça que je suis parti : un nouveau défi, une nouvelle culture, voir autre chose. »

 

Zubri, content de rentrer à la maison ?

 

Ondrej : « Oui, au début je voulais rester en France, j’avais des propositions même si avec la blessure c’était plus compliquée. Mais finalement avec la proposition de la part de Zubri, mon club en République Tchèque, j’ai eu un déclic parce que c’est le club qui m’a formé. Je sens une espèce de motivation au fond de moi, et j’ai envie de prouver que j’ai encore ma place dans ce milieu. Surtout qu’on va peut-être jouer les coupes d’Europe. Je reviens là où j’ai commencé et j’ai envie de leur rendre tout ce qu’ils m’ont donné. J’ai trop hâte, après on verra comment ça se passe, je le prends comme un challenge et tout ce que j’ai appris en France, je veux le ramener en République tchèque. »

 

Willstätt, une nouvelle aventure ?

Maxime : « En décembre, Régis Matzinger qui jouait à l’ESSAHB et à Sélestat avec moi, qui me dit « oui t’es en fin de contrat, le coach de Willstät cherche un gardien qui habite dans le secteur ». J’ai donc rencontré le coach, il m’a expliqué son projet, ça m’a plu et je n’avais pas beaucoup de temps pour donner ma réponse. À l’ESSAHB, à ce moment-là, on est dernier, c’est un peu compliqué avec tous les blessés, on n’arrive pas à gagner des matchs. J’en ai parlé à Denis, à Louis et à mes proches. Denis a tenu un discours très intelligent : « si tu le sens, vas-y ». Ce qui m’a vraiment décidé c’est le fait que je vais jouer plus. C’était une décision purement personnelle. Je ne m’en fais pas du tout pour l’ESSAHB. Si ça se trouve ils m’auraient gardé, je n’ai même pas envie de savoir. Pour une fois, j’ai décidé de penser à moi. »

 

Ton avis sur ta place dans le Hall of fame et la décision du club de retirer ton numéro ?

Ondrej : « C’est un honneur extraordinaire pour moi ! J’ai eu beaucoup de retours de ma famille et ils sont très fiers. Ça reste le club que j’oublierai jamais. J’espère avoir bien représenté mon club formateur et ma famille ici. J’espère aussi que je serai toujours bien accueilli à Strasbourg. C’est un geste extraordinaire. »

 

Maxime : « C’est une fierté. C’est tout ce que tu as donné pendant sept ans, tous les sacrifices que t’as faits, tu n’es jamais là le week-end, qui est récompensé. Que le club te le rende, c’est une fierté et beaucoup d’émotions. Tu as un retour sur tout ce que tu as donné, c’est gratifiant. »

 

La rédaction du SEHB – Anthony Weissmuller et Léo Doré