Joffrey BONNEMBERGER
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Le point à la mi-saison, avec Denis et Louis

Avant la reprise, vous êtes 13e avec 5 victoires et 10 défaites. Quel est votre ressenti à l’intersaison ?

 

Denis Lathoud : Ce qu’on peut dire, c’est qu’on n’a pas eu de chance. Au début de la préparation, on a eu six blessés en même temps. On a été obligés d’annuler tous les matchs amicaux de préparation. On n’est pas parti du bon pied. On a un peu traîné tout ça sur toute la première partie de saison. À la trêve, on a cinq défaites d’un but et deux défaites de deux buts. À partir de ce moment-là, on pourrait presque être à la porte des play-offs. On est à la fois pas loin et à la fois très loin. On a eu un problème de blessures et d’effectif, ce qui a fait qu’on a souvent joué sans remplir la feuille de match. Malheureusement, ça nous a un petit peu coûté sur les fins de matchs. C’est pour ça qu’on a quelques défaites d’un but qui nous pénalisent au classement.

 

Louis Chaudeur : Les blessures nous ont mis en difficulté sur la première partie de saison, avant la trêve. Après le match contre Cherbourg (défaite 26-16, J9), on a su se remettre en question, faire des choix forts et trouver des solutions pour un mois de novembre primordial. Il y a eu un avant et un après.

 

Est-ce que le groupe vit bien ?

 

Denis Lathoud : Quand on a des périodes comme ça, où on s’entraîne beaucoup et dans de bonnes conditions, à 5 contre 5 ou 6 contre 6, c’est très pénible. Heureusement, le groupe vit bien. Les joueurs ont adhéré jusqu’au bout pour qu’on puisse inverser la tendance et repartir du bon pied avec des victoires contre Valence (34-29, J13) ou Angers (32-31, J6) qui ont permis de remonter au classement.

 

Louis Chaudeur : Il vit très bien et malgré les circonstances de cet été, il est resté très travailleur. C’est ça qui nous a permis d’obtenir quelques points malgré les blessures.

 

Denis Lathoud : Pendant toute la première partie de saison, je ne crois pas qu’on ait joué une seule fois au complet. Et ça va continuer puisque Malo Derouet s’est blessé à un genoux (rupture des ligaments), Maël Anzuini et Yvan Gérard ne sont toujours pas revenus, etc. On fait avec. C’est ainsi depuis le début de la saison donc on a l’habitude maintenant. C’est dommage parce que je pense qu’on avait un groupe homogène et intéressant. Malheureusement, on n’a pas pu travailler comme on l’aurait voulu depuis le début. On a un peu bricolé et j’espère que ça ira mieux sur la deuxième partie de saison.

 

Juste avant la trêve, vous sortiez d’une belle série de victoires. Allez-vous vous appuyer dessus pour revenir plus fort à la reprise ?

 

Denis Lathoud : Ce n’est plus la même chose. ll y a eu une grosse coupure. Les joueurs étaient abattus après le dernier match perdu contre Tremblay (défaite 21-22, J15). On a joué qu’à huit contre l’armada adverse. On a été très déçu. On ne peut pas dire qu’on va surfer sur cette dynamique après un mois et demi d’arrêt. On a travaillé un peu différemment depuis la reprise le 3 janvier. On repart sur une nouvelle saison avec, on l’espère, un effectif un peu plus étoffé. Un gros calendrier nous attend au mois de février. On joue à Valence (J16, 04/02/2022) et Angers (J18, 18/02/2022), des concurrents directs. On reçoit Nice (J17, 12/02/2022) et Sarrebourg (J19, 25/02/2022). Si on prend trois victoires, on sera sauvé, donc le mois de février est primordial pour nous. On va essayer de plutôt surfer sur ces victoires pour la suite de la saison.

 

Louis Chaudeur : Sur cette phase-là où on a eu quelques résultats, la performance défensive du groupe et les valeurs dans le combat ont été constantes. Même si ça fait un petit moment, on doit s’appuyer là-dessus et continuer d’être performant.

 

On a pu constater des difficultés à l’extérieur : une seule victoire pour six défaites. Comment l’expliquer ?

 

Denis Lathoud : Je dirai que c’est la même chose à la maison. La grosse problématique qu’on a, je dirai qu’elle est avant tout offensive. On est la seizième attaque et la deuxième défense. Mais au-delà de ça, on a un problème de rigueur et de profondeur de banc. C’est souvent dans les dix dernières minutes qu’on a plongé. Sans banc, face à des équipes qui tournent, on plonge physiquement. C’est dans ce money time qu’on n’a pas été capable de faire la différence. C’est notre effectif qui fait que c’est comme ça. L’année passée, c’était un peu la même histoire, sauf qu’on a réussi à avoir une dynamique et une confiance sur les matchs retours. Les victoires contre Sélestat et Nancy, les grosse cylindrées, ça nous a donné de la confiance. Derrière, on a pu dérouler avec ce surplus de confiance. Cette année, on perd souvent d’un but et la confiance n’est pas là. À un moment, il faut savoir inverser la tendance. Ce sont des matchs pénibles parce qu’on n’est pas loin. On ne se voile pas la face. On connaît la valeur de notre effectif, on est très juste. Si on a de la confiance et qu’on enquille bien au mois de février, je pense qu’on peut avoir des résultats face aux gros par la suite. J’espère que le mois de mars nous permettra d’être plus étoffé au niveau de l’effectif et de mettre en marche une véritable rotation. On pourra alors espérer avoir des jours heureux.

 

Louis Chaudeur : Le manque de rotation à l’extérieur, avec le voyage et la distance, ça peut être des petits détails qui font que sur les dernières minutes on manque d’un second souffle ou d’un peu de lucidité. Ça peut se payer sur les longs déplacements. Sinon, je rejoins Denis. Ce sont surtout les détails qui jouent aussi bien à domicile qu’à l’extérieur.

 

Le club a annoncé une nouvelle recrue : Dorian Vallet. Un petit mot sur ce recrutement ? D’autres annonces à venir ?

 

Denis Lathoud : D’autres recrutements, non. On n’a pas les moyens financiers de s’offrir un autre joueur. On aurait bien aimé parce qu’on a perdu Malo pour toute la fin de saison. En plus, il est gaucher et peut suppléer Clément Damiani à son poste… On fera ainsi. Pour revenir à Dorian, c’est un joueur qui a déjà évolué en Proligue. Il va nous apporter une rotation mais il ne va pas révolutionner notre jeu. Il ne va pas non plus nous faire gagner des matchs à lui tout seul, c’est un sport collectif. Mais ça nous permet d’étoffer le banc et d’amener de la plus-value. On espère que Maël Anzuini reviendra fin février. Pour l’instant, il est en réathlétisation et il faut encore attendre un mois. Tous les joueurs qui viennent compléter notre effectif sont des plus.

 

Louis Chaudeur : Au-delà de la rotation numérique, c’est un joueur de 28 ans, d’expérience. On a quand même un effectif relativement jeune. Il pourra amener un peu de joie et d’expérience dans le vestiaire. Ça nous fera forcément du bien.

Février sera le mois charnière…

 

Denis Lathoud : C’est ça, le mois charnière. Pour plusieurs raisons. La première : si on gagne à Valence et Angers, je pense qu’on les enterre et qu’on sera sauvé. La seconde : si on reprend l’historique, ça veut dire qu’on aura une dynamique de victoires, qu’on aura de la confiance, que des joueurs vont revenir de blessure et qu’on sera vraiment compétitif. C’est un mois charnière et très important.

 

En début de saison, vous évoquiez les play-offs. Est-ce toujours l’objectif ?

 

Louis Chaudeur : Ça dépend du mois charnière.

 

Denis Lathoud : Non, on n’a pas cet objectif. On n’a pas les moyens aujourd’hui de pouvoir y prétendre, on ne peut pas se dire que le club est prêt à monter en D1. Il faut être réaliste. On travaille petit à petit et on met la pierre à l’édifice pour s’en rapprocher. Mathématiquement, on est à sept points des play-offs, il faudrait qu’on fasse quasiment un sans faute. Même avec quatre victoires, on se rapprocherait mais il ne faut pas rêver. On n’a pas le “matériel” pour lutter contre des équipes comme Dijon ou Pontault-Combault qui ont le triple de notre budget et des effectifs sur la durée. Essayons de se rapprocher de ce qu’on a fait l’année passée (8e place), ça serait déjà très bien d’avoir un maintien facile. Encore une fois, ça passera par ce mois de février.

 

Un mot à ajouter ?

 

Denis Lathoud : On s’est aperçu qu’au fil du temps il y avait de plus en plus de monde dans la salle. Ça a aussi boosté les joueurs. Quand une salle est presque pleine et qu’elle nous encourage, c’est sûr que ça fait du bien. Les joueurs nous le disent. Suivez-nous, soyez nombreux et venez nous soutenir comme vous l’avez fait. On essaiera de vous donner du plaisir avec des victoires et du bon jeu. On travaille pour ça. Si on n’est pas bon, on ne le fait pas exprès. Si on peut vous donner un peu de plaisir dans ces moments difficiles, on ne va pas se priver.

 

Louis Chaudeur : Au-delà du fait que la salle est remplie, on voit qu’un kop émerge et que l’ambiance est de plus en plus chaude. C’est appréciable, ça motive et ça pousse énormément. Rendez-vous le 12 février !

 

Un entretien par Anthony Weissmuller et Léo Doré, la rédaction du SEHB

 

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